Le Souverain n’a cessé de rappeler que le modèle économique en place a atteint ses limites. Qu’en pensez-vous ?

D’abord, il faut savoir pourquoi Sa Majesté a dit cela. Notre modèle économique, qui s’est appuyé sur la demande intérieure des décennies durant, a généré ce qu’on appelle les déficits jumeaux (extérieur et budgétaire). Une situation qui n’a pas manqué de mettre le Marco en difficulté. Il a fallu faire face à l’accroissement de la dette publique et trouver les moyens de financer les importations et de rembourser la dette extérieure. Et le contexte mondial actuel ne nous permet plus de continuer de marcher sur une seule jambe. Toute la question donc des décennies à venir. C’est pour cela que nous avons aujourd’hui besoin d’un modèle de croissance qui utilise les deux jambes et les deux bras.  Autrement dit, un modèle qui permet de garder nos équilibres macroéconomiques et promouvoir une croissance inclusive à même de garantir une meilleure redistribution des richesses et un partage équitable des fruits de la croissance. Cela revient à savoir jouer au piano et savoir sur quelles touches  faut-il appuyer pour assurer les accords et les notes de musique. Un jeu qui n’est pas de tout repos au vu des grands défis de l’Emploi, la Santé, la Justice, l’Éducation, l’Environnement des affaires, les Services publics, la dignité des citoyens…

« Certes, les métiers mondiaux sont d’un apport conséquent qui a enclenché une dynamique. Mais, le vrai problème reste le suivi »

Et l’Export…?

Le défi aujourd’hui est d’enclencher une véritable dynamique à l’export. Les exportations marocaines vont majoritairement au marché européen. La diversification des marchés est impérative. Mais pas seulement. La diversification des biens et services est également une clé pour la promotion des exportations. Pour se diversifier et percer à l’international, il faut améliorer sa compétitivité. C’est pour cela que j’insiste sur la réforme imminente du régime de change. Il est question aussi de revoir entièrement les modes de production et de réduire la forte dépendance économique à l’agriculture. Autre enjeu de taille, à savoir la révolution digitale. Autant d’ingrédients pour réfléchir à un nouveau modèle économique. Seulement qu’il faut savoir prioriser.

Vous avez mis l’accent sur la compétitivité…?

Il me semble que si nous n’allons pas dans le cadre d’améliorer notre compétitivité, et si l’industrie nationale n’est pas en mesure d’accompagner la compétitivité de l’offre marocaine à l’extérieur, les choses n’avanceront pas. Certes, les métiers mondiaux sont d’un apport conséquent qui a enclenché une dynamique. Mais, le vrai problème reste le suivi.

Quid des écosystèmes?

C’est une bonne chose, il s’agit d’une nouvelle approche qui vise à améliorer aussi bien l’intégration sectorielle que l’attractivité du pays. Mais, moi je pose ces questions : quel est le tissu industriel marocain? Comment peut-on réussir ces écosystèmes ? C’est avec ces TPE… ?

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