Adopté le 21 mars 2018, le traité de libre-échange doit encore être ratifié par deux pays afin d’atteindre le nombre des 22 membres nécessaires pour constituer le bloc commercial africain. Pour rappel,  la plus grande économie d’Afrique, le Nigeria, n’a pas encore ratifié l’accord. Mis à part les considérations politiques, le grand chantier de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) impose de relever les défis qui s’imposent presque quotidiennement. A la clé, l’intégration régionale en Afrique demeure faible, selon les conclusions préliminaires de l’Indice de l’intégration régionale africaine 2019 publié samedi 23 mars à Marrakech lors de la Conférence annuelle des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique de la CEA (Commission économique pour l’Afrique) – COM2019.

« C’est aux Africains eux-mêmes de s’assurer qu’ils tirent profit de cette initiative grâce à une mise en œuvre efficace des mécanismes de la ZLEC », affirme David Luke, coordinateur du Centre africain pour la politique commerciale, Division du commerce et de l’intégration régionale de la CEA (Commission économique pour l’Afrique) dans un communiqué parvenu à la rédaction.

Leila Mokadem, directrice pays et représentante-résidente au Maroc pour la BAD (Banque africaine de développement) a ajouté que, malgré l’immense soutien politique dont bénéficie la ZLEC, de nombreux défis seront à surmonter lors de sa mise en œuvre, pour faire passer le commerce intra-africain – estimé entre 15% et 18 % aujourd’hui – à 25 % d’ici à 2023. Elle a cité, entre autres freins à la compétitivité de l’Afrique, la faible capacité productive en Afrique, les coûts élevés de production, et les importants déficits en infrastructures. Le nombre élevé de petits marchés et la présence de 16 pays enclavés compliquent la situation. « Il ne faut pas minimiser les défis, mais il est important de souligner le fait que l’on doit changer les choses pour que l’Afrique progresse. »

A noter enfin que le traité devrait, entre autres, générer un PIB de plus de 3.000 milliards dollars et permettre la création de 300 000 emplois directs et plus de 2 millions d’emplois indirects.

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