Les étudiants marocains préfèrent toujours partir étudier à l’étranger. L’Office des changes nous informe que les dépenses liées  aux frais de scolarité ont augmenté de 10,3% à 4,7 milliards de dirhams en 2018 contre 4,3 milliards en 2017. Une évolution qui rompe avec des déclarations officielles  affirmant que l’engouement est toujours confirmé pour l’enseignement supérieur privé au Maroc. Nul doute que les universités privées et les grandes écoles étrangères sont de plus en présentes. Toutefois, l’appel de l’aventure demeure irrésistible. Aux yeux de nos étudiants, partir à l’étranger permet de brasser d’autres cultures et de se forger un profil international.

Entretien avec Yasmine Benamour du Groupe Hem

Comment évaluez-vous cette préférence chez nos jeunes pour aller étudier à l’étranger?

À mon sens, c’est plutôt humain et normal. À cet âge, on est tenté par le goût de l’aventure, de la découverte, de forger sa personnalité, de s’ouvrir sur l’autre et comprendre sa culture…

Aucune université marocaine ne figure au classement 2018 de Shanghai…?

Ce qui est sûr c’est que sur les cinquante dernières années, l’université marocaine  a essuyé une perte en matière de pédagogie universitaire et de formation des étudiants. Je vois là un problème de gouvernance.

Comment évaluez-vous la concurrence dans votre secteur?

Pour certains, il s’agit de concurrence loyale. Pour d’autres, on parle de concurrence déloyale. Et c’est l’État qui a créé cette concurrence déloyale avec des universités sous partenariats public-privé(PPP). Ce qu’est me chagrine le plus c’est qu’au lieu de créer de la valeur sociale, ce partenariat a porté préjudice au secteur. Sincèrement, je ne vois pas son impact sur l’enseignement supérieur. Au vu des montants des frais d’inscription fixés, ça reste élitiste.

Ce modèle de partenariat existe-t-il dans d’autres pays où ça reste une spécificité maroco-marocaine?

C’est décevant de le dire, mais ça reste une spécificité maroco-marocaine…

Quel est votre avis sur cette fameuse inadéquation formation-emploi ?

C’est simple comme bonjour. Allez demander à l’entreprise ses besoins et s’investir dans les filières qui recrutent.

 

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