Selon les prévisions, le nombre de personnes obèses devrait bientôt dépasser le nombre de personnes souffrant de la faim à l’échelle mondiale, qui s’élevait à 821 millions de personnes en 2017. C’est déjà le cas en Amérique latine et aux Caraïbes. «Alors que la faim se limite principalement aux zones affectées par les conflits et les impacts du changement climatiques, l’obésité est partout: nous assistons à sa globalisation», a indiqué Graziano da Silva, Directeur général de la FAO. Huit des 20 pays affichant la hausse la plus rapide des taux d’obésité chez les adultes se trouvent en Afrique et quasiment la moitié des 38 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans en surpoids se trouve en Asie. Globalement, ce problème a un coût exorbitant, il est estimé à 2000 milliards de dollars par an (ce qui équivaut à l’impact du tabagisme ou à celui des conflits armés) en termes de santé et de perte de productivité.

Pour faire face aux défis liés de la faim, de l’obésité et du changement climatique, la communauté internationale devrait prévoir une série de règles et de normes visant à transformer les systèmes alimentaires afin d’assurer des aliments sains et nutritifs pour tous, de manière durable, a déclaré aujourd’hui le Directeur général de la FAO. Il a lancé cet appel lors d’une rencontre des Ministres de l’agriculture du G20 à Niigata, au Japon, axée sur les priorités d’investissement en matière de développement agricole durable. La faim est l’une des pires formes de malnutrition et il convient de s’y attaquer, mais nous devons garder à l’esprit que d’autres formes de malnutrition, notamment l’obésité, font aussi des ravages considérables et grandissants, a-t-il précisé. Et Graziano da Silva d’ajouter, cela ne sera possible qu’à travers des partenariats privés-publics forts. La cause principale de la hausse de la prévalence de l’obésité et du surpoids est due à l’incapacité des systèmes alimentaires à garantir une alimentation saine, a souligné le Directeur général. «Les systèmes alimentaires actuels n’arrivent ni à garantir une nourriture saine, ni à apporter les nutriments nécessaires pour mener une vie saine. Ils ne sont pas orientés vers la production d’aliments sains, mais juste d’aliments», a-t-il rappelé. «C’est pourquoi les gens mangent de plus en plus mal». Alors que nous discutons de la contribution de l’agriculture au développement durable, nous devons considérer le fait que les défis alimentaires auxquels est confrontée l’humanité de nos jours comprennent également l’amélioration de la qualité des aliments, a insisté  da Silva. Actuellement, plus de deux milliards de personnes sont en surpoids. Un tiers d’entre eux (plus de 670 millions) est obèse, une condition directement associée à des risques plus élevés de maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension, la cardiopathie et certaines formes de cancer.

Les partenariats privés-publics sont essentiels

La promotion d’une bonne nutrition et d’une alimentation saine n’est pas une tâche individuelle, il s’agit plutôt d’une responsabilité publique qui ne se limite pas aux gouvernements, a indiqué le Directeur général: «Ce problème sérieux ne pourra être résolu qu’avec l’engagement du secteur privé et de la société civile. La régulation de systèmes alimentaires durables en faveur d’une alimentation saine nécessite également le soutien de l’industrie alimentaire». Le Directeur général a cité l’exemple du Chili, où certains rapports établissent un lien entre la réduction de l’obésité infantile au développement d’un système d’étiquetage alimentaire placé à l’avant de l’emballage.

 

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