Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale, annonce avec conviction et toute franchise que le marché n’est pas encore prêt pour la 2e phase du grand chantier  de la flexibilité du dirham. C’était à l’occasion de la conférence de presse tenue juste après la réunion trimestrielle du Conseil de Bank Al-Maghrib, mardi 19 mars à Rabat. Un avis qui ne s’inscrit pas sur la longueur d’onde du Fonds monétaire international (FMI). Pour les équipes de l’institution de bretonne woods, il est temps de passer à la deuxième phase de la libéralisation du change de la monnaie nationale, d’après les dires de Jouahri. Il argue que les prérequis ne sont pas encore réunis et que ce n’est pas au FMI de « nous dicter nos choix stratégiques ». Nombre d’arguments plaident en faveur de l’avis du wali de la banque centrale. À clés : la profondeur du marché, la non disposition des banques commerciales et des opérateurs surtout les TPME, etc.

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D’ailleurs,  Bank Al-Maghrib convoquera une réunion avec la CGEM et le GPBM le 18 avril prochain pour faire le point sur le bilan d’étape. Les fondamentaux de l’économie ne sont pas aussi confortables. Le déficit du compte courant se serait creusé de 5,2%  du PIB en 2018  et s’allégerait à 4,1% en 2019. Les recettes des IDE devraient revenir à 3,4% du PIB en 2019 au lieu de 4,1% en 2018. La manne financière  des entrées de dons des pays du CCG était inférieure aux attentes. 9,5 milliards de dirhams encaissés en 2017 contre 2,8 milliards en 2018 et 2 milliards prévus pour 2019. Dans ces conditions, le Trésor prévoit deux sorties à l’international pour un total de 11 milliards de dirhams chacune en 2019 et 2020.

CHIFFRES CLÉS

  • Le taux directeur de 2,25% inchangé.
  • L’inflation termine 2018 avec une moyenne de 1,9% et décélèrerait à 0,6% en 2019.
  • La croissance se serait établie à 3,1% en 2018 contre 2,7% en 2019.
  • Une production céréalière autour de 60 millions de quintaux en 2019.
  • Le taux de change effectif réel devrait s’apprécier de 0,7% en 2019.
  • Le déficit budgétaire, hors privatisation, étant prévu de s’établir à 4,1% du PIB en 2019 contre 3,7% en 2018.

 

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