Les dysfonctionnements dans la gestion durant la période 2012 à 2016 de MEDZ,  filiale  du  groupe  Caisse de Dépôt et de Gestion  (CDG), n’ont pas passé inaperçues pour les magistrats de la Cour des comptes. Le rapport 2018 de cette dernière révèle des carences el lien avec les limites de la stratégie et business model de MEDZ, ainsi que la fragilité de sa situation financière. « L’examen du business model de MEDZ a révélé son essoufflement et est devenu non adapté aux spécificités  de  certains  projets  notamment  ceux  réalisés  hors  Casablanca  au  niveau  des  zones destinées à l’offshoring », note-t-on. Quant à la situation financière de MEDZ, elle s’est fragilisée à cause de certains facteurs, dont le rendement modeste des investissements qui a enregistré 2% à fin 2016, le niveau élevé d’endettement qui a enregistré une moyenne annuelle de 3,29 milliards de dirhams entre 2012 et 2016, etc. La Cour des comptes a relevé aussi des insuffisances en matière de conception des  aménagements des zones industrielles et des difficultés de commercialisation des P2I.

S’agissant des Zones d’activités offshoring, l’examen de la situation a permis de relever les constats suivants:

  • Engagement de MEDZ dans la réalisation d’investissement dépassant sa capacité financière ;
  • Absence d’études préalables à la réalisation des projets ;
  • Non atteinte des objectifs de construction des parcs offshores ;
  • Non maitrise du coût global de construction ;
  • Retard dans la réalisation et non atteinte des objectifs de développement des parcs offshoring ;
  • Difficultés de commercialisation de certains espaces offshoring ;
  • Chiffre d’affaires concentré au niveau du parc Casanearshore ;
  • Gestion des parcs offshoring peu rentable ;

Enfin, pour ce qui est des Zones d’activités touristiques, la cour des comptes a relevé des contraintes comme la suspension des investissements dans le secteur touristique, le lancement de certaines zones ne répondant pas à une demande, les difficultés de commercialisation et de valorisation de certaines zones, etc. Sur ce dernier chapitre, il y a lieu de souligner, par exemple, le projet «Oued Fès», avec un faible taux de commercialisation ne dépassant pas 22% à fin 2016,  alors que la zone a été aménagée en juin 2010.

La réponse du berger à la bergère

A son corps défendant, MEDZ n’a pas manqué de mette en avant «  l’ensemble des mesures prises ayant permis une création de valeur très importante… ». Preuve : la situation financière de MEDZ a connu une amélioration importante depuis 2016. Le Chiffre d’affaires consolidé a franchi le seuil de 1 milliard de dirhams en 2018 contre 767 millions de dirhams en 2016. Le résultat net consolidé s’est envolé à 280 millions en 2018 après une contreperformance de  -262 millions en 2012. Qui dit mieux?

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