« Il y a une réelle volonté au plus haut niveau hiérarchique d’aller vers les TPME ». C’est avec cette ambition affichée devant un parterre de banquiers que Hicham Zanati Serghini, patron de la Caisse centrale de garantie(CCG), avait présenté vendredi 29 mars à Casablanca sa nouvelle offre de financement dédiée aux TPME, lancée en février dernier.

L’ambition de ce soldat de l’ombre se veut être légitime au vu de son bilan décennal inédit. Une performance qui reste malheureusement à l’abri des regards. Interrogé par Hammad Kassal, président de la Commission Financement et Délais de paiement (CGEM), sur le coût de la garantie jugé « élevé », Serghini explique que la commission prélevée figure parmi « les taux les plus bas au monde, d’après les benchmarks effectués ». Ajoutant qu’elle « ne reflète même pas le prix réel du marché ». Le coût de la garantie appelle une autre question sur le coût du crédit au Maroc et partant, pourquoi ne pas lancer une banque publique à l’instar de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) en Tunisie ? « On s’est posé la question à maintes reprises si vraiment besoin il y a de créer une banque d’Etat. L’idée prêt-subvention fausse la concurrence dans un marché réglementé, au détriment des opérateurs de la place », tranche Serghini. Arguant qu’aujourd’hui 80% des engagements de la banque publique tunisienne sont perdus. Raison pour laquelle « nous nous sommes efforcés durant cette dernière décennie de bousculer le management d’une institution financière publique et  s’approprier une véritable culture du risque » avance-t-il. Ce dernier en veut pour preuve, les garanties de la CCG qui ont culminé à 1,9% du PIB contre 0,9% du PIB pour Bpifrance, à titre comparatif. Une démarche audacieuse qui a porté ses fruits entre 2008 et 2018. A la clé, 35.000 TPME bénéficiaires avec un volume de crédits octroyés et garantis de 70 milliards de dirhams. Mieux encore, la production de la CCG a été multipliée par trois sur les cinq dernières années. Mais pourquoi les banques ne communiquent pas assez  auprès de leurs clients sur l’offre CCG?  Sachant que les appréciations préliminaires de perception de la CCG lui valent plus de 90% de satisfaction pour reprendre les propos de Kassal.  Il faut dire que la nouvelle offre CCG pousse les limites au-delà de ce qui pourrait être acceptable même par les banquiers. Ceux-là même qui témoignent du trait innovant et sans précèdent d’un nouveau produit comme « Mezzanine PME », financement intermédiaire entre le crédit bancaire et la prise de participation. Un dispositif qui permet de comptabiliser les fonds propres sans garantie. Risque-t-il de concurrencer les banques classiques? « Aucune concurrence puisque c’est nous même qui assurent sa vente aux clients », était la réponse unanime des banquiers invités.  « Mezzanine PME », finance les besoins liés au fonds de roulement, ainsi que ceux liés à des investissements. De nouveaux produits également pour franchir le cap comme « Damane Express » dédié aux TPE et « Damane Istitmar » destiné aux PME. Ce dernier présente l’avantage de la flexibilité du plafond de risque de la garantie « porté à 20 millions de dirhams par opération et 40 millions sur une même contrepartie pour les entreprises industrielles, exportatrices et celles opérant dans l’économie verte ». Autre atout de garantir les opérations de restructuration financière. Autant de dispositifs encourageants, reste à savoir si les banques vont jouer le jeu et si les TPME sont prêtes à  améliorer leur gestion et assainir leur gouvernance.

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