• Voici l’édito du 3éme numéro du Magazine Libre Entreprise.

Non, les Marocains ne sont pas tous corrompus. Non, l’environnement économique n’est pas entièrement pollué. Oui, de la place il y en a. Oui, des opportunités d’affaires il y en a aussi. Mais à quel prix ? Ô jeunes ou futurs entrepreneurs, garde-à-vous ! Il faut respecter vigilamment l’intervalle entre « faut jamais désespérer » et « faut pas trop rêver ». Entre les deux extrêmes, le diable se cache et les frontières ne sont pas parfaitement étanches. Bienvenue au monde du Business où tous les coups sont permis, où l’amateurisme est mal perçu et où le talent n’est pas apprécié à sa juste valeur. Ce nouveau monde a ses codes d’accès et ses réseaux de connexion. Rester déconnecté revient conséquemment à signer son acte de décès et à étouffer dans l’œuf son rêve de devenir son propre patron. L’échec cuisant du programme « Moukawalati » en dit long sur la question. Pour pouvoir donc décoder le code,  le novice qui apprend encore à « nager » devrait être doté de  capacités précoces d’analyse et de prélecture, d’une intelligence opérationnelle, émotionnelle et surtout relationnelle avant de se jeter dans la mer. Car à la mer le droit à l’erreur n’est pas permis au risque d’être écrasé. Le nageur longue distance, contre vents et marées, doit être armé de l’expérience, du savoir-faire, de la compétence, etc. Nager à contre-courant suppose également de prouver sa capacité à tisser son réseau de partenariats, un bon réseau professionnel en veux-tu en voilà. Les bons comptes ne font-ils pas les bons réseaux ? Voilà donc le secret de la réussite. Voilà une chose qu’on n’apprend pas sur les bancs de l’école. Et c’est là où le nouveau régime d’auto-entrepreneur prend tout son sens. Dans la mesure où il joue le rôle de passerelle, de banc de teste  avant d’entrer dans la cour des grands. Manifestement, c’est la voie royale pour éprouver ses compétences entrepreneuriales sur le tas, de goûter le vrai-faux  luxe d’entreprendre et de mettre à l’épreuve la tentation  et la contagion passagère de créer son entreprise. Outre le fait d’être un leurre anti-informel, le statut d’auto-entrepreneur a tous les arguments pour séduire. Un exercice pour constater par le contact avec la réalité si est-ce facile de faire les affaires? Et de pouvoir dénicher là où se font les affaires au Maroc… Mohamed Mounjid

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