En pleine crise, le BTP et Construction reste le secteur de prédilection des fonds d’investissement pour les années 2017 et 2018. Il s’est accaparé 26% des fonds investis contre 8% sur la période 2012-2016 et 22% entre 2006 et 2011, selon le dernier rapport d’activité de l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital (AMIC). Ce retour en force s’explique par la forte volonté d’injecter une cure de revitalisation à un des secteurs clés de l’économie nationale. A fin 2018, ce secteur boucle le top 3 des entreprises investies avec une part de 15%, devancé par le secteur des Services et Transport (26%) et celui Aéronautique, Education, Emballage, Industrie chimique et autres (17%). Dans les cinq prochaines années, seulement 4% des capital-investisseurs qui prévoient d’investir le secteur du BTP. Au moment où les Nouvelles technologies attirent le plus. Ainsi, 14% des fonds anticipent d’y investir contre 13% pour l’Agroalimentaire et 11% pour la Santé. Quant au secteur de l’Automobile, seulement 5% qui manifestent leur intérêt. Il en est de même pour l’Energie.

Les fonds de capital-investissement ont levé l’année passée 1,6 milliard de dirhams, dont 760 millions de dirhams ont été investis dans des PME et des entreprises non cotées au Maroc. Pour plus de détails, 589 millions ont été investis dans 14 PME et 171 millions ont été réinvestis dans 12 entreprises.  Toujours près de 80% des investissements sont réalisés dans les régions de Casablanca-Settat (69%) et de Rabat-Salé-Kénitra en 2018.  A ce jour, ce sont près de 200 entreprises qui ont bénéficié d’un montant global d’investissement en capital de 7,4 milliards de dirhams contre 19,3 milliards de levée de fonds, dont 13,8 milliards pour le capital investissement et 5,5 milliards pour les fonds d’infrastructure. La lecture de l’évolution de l’industrie du capital investissement au Maroc laisse dégager une forte progression des fonds indépendants entre la 2ème (43%) et la 4ème génération de fonds (96%). Depuis 2012, ce sont les fonds transrégionaux (77%) qui dynamisent les levées de capitaux pour le Maroc. Les organismes de développement internationaux s’accaparent la part léonine des capitaux levés avec 80% en 2017 et 2018, suivis par les compagnies d’assurance (8%), l’Etat et organismes publics(7%)… On constate donc une forte contraction des levées de fonds auprès des investisseurs institutionnels marocains. Depuis 2000, les capitaux levés auprès d’investisseurs étrangers – notamment auprès d’organismes de développement internationaux (SFI, BERD, BEI, BAD et autres) –sont passés de 20 à 80%.

Ces deux dernières années, les entreprises en phase de développement concentrent davantage les montants investis (89%) au lieu de 71% entre 2006 et 2011. On note aussi un net repli pour les opérations de transmission (2%) contre 23% entre 2006 et 2011. Idem pour les transactions d’amorçage et risque situées à 8%. C’est ce qui explique le net déclin des transactions majoritaires et la forte hausse des transactions se situant « entre 5 et 34 % de la tranche de capital acquise ». Sur le registre des désinvestissements, après une année 2017 record, les sorties de l’année 2018 atteignent 312 millions de dirhams. En raison de l’atonie de la Bourse et étant donné que 99% des transactions sont minoritaires, près des ¾ des sorties (en valeur) se sont faites auprès du marché secondaire ou du management en 2018. Par ailleurs, le ticket moyen est en légère baisse et s’établit à 42 millions en 2018 suite à l’activité des fonds Innov Invest qui induit une baisse du ticket moyen de l’amorçage/risque à 7 millions. Par contre, on constate une hausse continue du ticket moyen d’investissement dans les entreprises plus matures (65 millions).

Les SAS boudées

La forme juridique « étrangère » domine largement le paysage de la 4ème génération de fonds avec 83% (en valeur). Seuls 13% (en valeur) des fonds de nouvelle génération adoptent la forme « OPCC» alors que la forme S.A. ne représente plus que 4% (contre 8% en valeur pour les fonds de 3ème génération) et les SAS ont complètement disparu depuis 2012. Les OPCC séduisent donc la minorité d’investisseurs ciblant uniquement le Maroc alors que, pour des raisons liées notamment aux contraintes de change et à la fiscalité (par ex : les conventions de non-double imposition), les investisseurs étrangers optent tous pour des véhicules juridiques étrangers.

PERFORMANCE DU SECTEUR DU CAPITAL INVESTISSEMENT

Le taux de rentabilité interne (TRI) brut moyen calculé sur la base de 76 cessions effectives est de 15,8% à fin 2018. Le multiple global du secteur est de 2 (1,2 pour l’amorçage/risque, 2,4 pour le développement et 1,6 pour la transmission.) Comme l’an dernier, la durée moyenne de détention des participations est de 6,1 ans.

IMPACT DU CAPITAL INVESTISSEMENT

Les taux de croissance annuels moyens (TCAM) du chiffre d’affaires et des effectifs des entreprises investies à fin 2018 sont respectivement de 12,8 % et 16 %  confirmant l’impact positif du capital investissement en matière de création de valeur et d’emplois. A ce jour, ce sont plus de 6000 emplois qui ont été créés dans 100 entreprises.

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