Face au bordel scientifique lié à la mauvaise gestion de l’institut  supérieur de commerce  et  d’administration des entreprises (ISCAE), on se demande que fait la tutelle, en l’occurrence, le ministère de l’Industrie. Le dernier rapport 2018 de la Cour des comptes laisse dégager des dysfonctionnements on ne plus déshonorants, scientifiquement s’entend.

« Le volume horaire des enseignants permanents consacré à la formation initiale, qui reste leur mission de base, n’atteint même pas 50% du temps réglementaire entre 2012 et 2017. En revanche, une part importante du temps des enseignants permanents est consacrée  à  la  formation  continue  (activité  payante  dans  le  cadre  du  compte  hors  budget  dont dispose le Groupe) au point d’en constituer plus de 64% en 2016-2017(…) Le Groupe se trouve obligé de faire appel à des vacataires pour une bonne partie des cours de la Grande  école.  À  ce  titre,  sur  un  volume  horaire  global  enseigné  de  7.750  heures  au  titre  de  la formation initiale en 2016-2017, les vacataires ont assuré 3.322heures, soit environ 43% », peut-on lire.

Décevant de le dire, mais la passion du lucre prend le dessus sur celle de l’enseignement et la recherche scientifique. À l’abri de tout contrôle ou suivi, certains  enseignants permanents se permettent d’enfreindre la loi « exerçant, en parallèle à l’enseignement, des activités lucratives  de  manière permanente au sein de sociétés privées ». Qu’est-ce que c’est que ce bazar?

Sans parler de la gestion pédagogique de la formation continue.  « À la revue des dossiers des personnes désignées pour assurer le poste de responsable pédagogique, il s’est avéré que certaines n’ont pas le profil pour assumer une telle responsabilité. Il s’agit, en effet, de personnel administratif ne disposant pas des qualifications nécessaires pour la gestion pédagogique de formations supérieures (Masters spécialisés, Exécutive MBA…) », note-t-on.

Les magistrats soulignent aussi le non-respect de la transparence du processus d’attribution des  bourses et exonérations destiné aux étudiants méritants et démunis. « En effet,  une  bonne  partie  des  exonérations  accordées  a  bénéficié  à  certains responsables et agents du Groupe et à leurs proches. À titre d’exemple, sur sept (7) bourses accordées au titre de 2016-2017, cinq (5) ont bénéficié aux responsables et personnel du Groupe ISCAE et aux membres de leurs familles », est-il révélé.

Le suspens n’en finit pas et le prestige et la réputation scientifique dont se targue cet établissement public se trouvent sérieusement écornés.  « L’analyse des activités de recherche des enseignants chercheurs, en particulier les productions scientifiques publiées, a montré que le corps enseignant de l’ISCAE s’implique faiblement dans la recherche. En effet, de 2011-2012 à 2015-2016 (soit 5 ans) seuls 13 enseignants chercheurs ont publié  des  travaux  de  recherche  (ouvrages  ou  articles)  sur  un  effectif  global  des  enseignants chercheurs qui est passé de 37 en 2012 à 42 en 2016 », peut-on conclure.

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