IT : VOUS AVEZ DIT FUITE DES COMPÉTENCES ?

  • Par Ali Serhani
  • Directeur Associé GESPER Services

 

« Il n’y a ni fuite de cerveaux ni quoi que ce soit d’autre! Nous vivons dans un monde globalisé où les compétences n’ont plus de nationalité ni d’appartenance lorsqu’il s’agit de l’emploi »

 

Nous parlons sans cesse ces dernières années de la fuite des compétences ou des cerveaux, et ce dans tous les domaines. Ces derniers temps cela revient encore à la Une avec cette histoire de fuite de cerveaux ou compétences dans le domaine de l’informatique et les nouvelles technologies de l’information. Cela me rappelle l’année 2000 où tout le monde ne faisait que parler du BUG de l’an 2000 et toutes nos compétences étaient conquises par les marchés européens qui venaient au Maroc pour attirer les meilleurs profils pour les ramener en Europe. On parlait déjà à l’époque de la fuite des cerveaux. Eh bien, résultat des courses ? Passé l’an 2000, on ne parlait plus de fuite de quoi que ce soit ou de qui que ce soit. La nature a repris ses droits et le Maroc n’a pas sombré dans une sorte de manque en compétences.

Cependant, revenons à notre sujet et laissez-moi vous dire une chose : Il n’y a ni fuite de cerveaux ni quoi que ce soit d’autre! Nous vivons dans un monde globalisé où les compétences n’ont plus de nationalités ni d’appartenance (sauf pour des secteurs spécifiques tels que la sécurité – les secrets d’État et la défense de la patrie. Là nous ne pouvons en aucun cas transiger même d’un iota) lorsqu’il s’agit de l’emploi. Une personne formée et bien éduquée demeurera (et sa petite famille) là où elle se sentira en sécurité financière. Donc lorsqu’un jeune décide de quitter son pays pour un autre cela reste légitime, car s’il ne trouve pas ce qu’il souhaite chez lui il ira ailleurs pour mettre en valeur ses compétences et être rétribué de la meilleure manière qui soit sans oublier qu’il ira chercher un avenir meilleur pour lui et les siens. Donc pour éviter de perdre nos compétences nous nous devons de mettre le prix et là plus personne ne quittera le pays.

Autre chose : lorsque nous entendons les uns et les autres dire que nous avons beaucoup investi financièrement pour former nos jeunes et à la fin ils vont ailleurs je leur dirai : rappelez- vous du prix noble de chimie, l’égyptien Ahmed Zewail. Il ne l’aurait été que le jour où il a décidé de quitter son pays pour les États-Unis qui l’a accueilli à bras ouverts et lui a donné la nationalité américaine.

Le seul fait que de par le monde des millions et des millions de personnes disent de lui qu’il est américain d’origine égyptienne a permis à l’Égypte de se faire une publicité à grande échelle et à moindre coût, car cela n’a pas de prix : Un prix Nobel ce n’est pas rien. Et pour une fois, on n’a pas associé l’Égypte aux Pharaons, mais à quelque chose d’autre : à Nobel, ce qui n’est pas rien. Dans un monde globalisé, il nous est interdit de parler de nationalisme ou de chauvinisme ou quoi que ce soit d’autre. Nous parlons de Compétences avec un grand C et qui n’ont qu’une seule « nationalité » à savoir l’innovation. Former des jeunes qui iront plus tard dans les grandes universités mondiales ce n’est que rendre service à l’humanité et à nous même, car quand ces jeunes auront fait leur preuve et donneront le meilleur d’eux même nous finirons toujours par nous dire : Nos écoles et nos universités forment des génies et cela ne peut que stimuler notre jeunesse.

Ces derniers temps nous ne faisons que parler de nos génies qui travaillent à la NASA et surtout que la plupart sont de la gent féminine. N’est-ce pas une bonne chose ? Si nous voulons garder nos compétences et si l’on souhaite rester chauvins, alors mettons le prix ; gardons-les et donnons-leur ce que les meilleures universités et entreprises mondiales pourront leur donner. Si l’on ne s’aligne pas alors, il serait souhaitable de se taire et surtout de ne pas trop parler de patriotisme ou quoi que ce soit d’autre. La seule chose que l’on demandera à ces jeunes qui partent : N’oubliez pas votre pays, il vous a tout donné et à vous de le lui rendre. Sans oublier une chose et là je paraphraserai Feu Hassan 2 : « Quand un marocain quitte son pays, nous perdons un sujet, mais nous gagnons un ambassadeur ».  Si nos enfants quittent leur pays, car ils seront mieux lotis ailleurs qu’ils n’oublient pas d’être les dignes représentants de leurs pays dans leur domaine de compétences et c’est à travers leur sérieux que tout le monde parlera de leur pays et qu’ils n’oublient pas  leur terre d’origine et qu’il y revienne pour y investir et entreprendre pour aider leurs frères et sœurs du pays comme le font beaucoup de personnes pour leur pays de par le monde. Donc, arrêtons une bonne fois pour toutes avec ces histoires de fuite de compétences ou de cerveaux. N’oublions pas en outre le nombre d’étrangers issus des grandes écoles américaines ou européennes qui vivent avec nous. Est-ce une fuite de cerveaux également ? Pas du tout.  Aujourd’hui, une compétence est mondiale qu’elle vienne du Maroc ou des Iles Samoa

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