Dans la bande de Gaza, les heurts ont tué 29 Palestiniens, dont six enfants, tandis que le Jihad islamique a lancé plusieurs roquettes en direction d’Israël. Les esprits ne sont pas près de se calmer.

Dans la bande de Gaza, l’organisation Jihad islamique a affirmé avoir tiré des roquettes vers Jérusalem pour la première fois depuis le début des hostilités avec Israël, vendredi. Comme 97% des projectiles lancés depuis le territoire palestinien, elles ont été interceptées par le bouclier antimissile israélien, a déclaré l’armée. L’État hébreu, qui dit avoir lancé une «attaque préventive» visant le Jihad islamique, a affirmé avoir tué des combattants et «neutralisé» les chefs de l’organisation, qui est considérée comme terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

Les principaux chefs militaires du mouvement, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués dans les frappes israéliennes, a confirmé le Jihad islamique. Selon le ministère de la Santé à Gaza, 29 personnes, dont six enfants, sont mortes et 253 ont été blessées depuis vendredi dans l’enclave sous blocus israélien.

Les autorités israéliennes contredisent ce bilan et assurent que des enfants palestiniens ont été tués samedi, par un tir de roquette raté du Jihad islamique vers Israël.

Pour le Hamas, la situation pourrait devenir «incontrôlable»

Des sirènes d’alerte ont retenti ce dimanche, en matinée, dans le secteur de Jérusalem, selon l’armée israélienne, tandis que des journalistes de l’AFP ont entendu de brèves explosions au loin. Ces tirs surviennent alors que des centaines d’Israéliens se rassemblent dans la vieille ville de Jérusalem, à l’occasion d’une fête juive, faisant craindre des violences alors que des nationalistes se rendent sur l’esplanade des Mosquées, aussi appelée mont du Temple. Cette partie est située à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël.

Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, qui n’a pas, jusqu’ici, pris part à la confrontation avec Israël, a alerté contre ces «incursions» israéliennes, qui pourraient mener à une situation «incontrôlable». Samedi, des sirènes d’alerte s’étaient déclenchées près de la métropole de Tel-Aviv et le Jihad islamique avait confirmé avoir tiré «un important barrage de roquettes» dans cette direction.

«La bataille n’en est qu’à ses débuts»

Cette nouvelle confrontation est la pire entre l’État hébreu et des organisations armées de Gaza depuis la guerre de mai 2021, qui avait fait, en onze jours, 260 morts côté palestinien, parmi lesquels des combattants, et 14 morts en Israël, dont un soldat, d’après les autorités locales.

Le Premier ministre israélien, Yaïr Lapid, a affirmé que l’opération à Gaza continuerait «aussi longtemps que nécessaire», qualifiant la frappe ayant tué Khaled Mansour de «résultat extraordinaire». Ce tir à Rafah (sud) a fait huit morts, selon le ministère de l’Intérieur de Gaza. L’armée israélienne se prépare à «une semaine» de raids sur le territoire de 2,3 millions d’habitants, tandis que le Jihad islamique a assuré, samedi, que «la bataille n’en était qu’à ses débuts».

(AFP)