La croissance économique devrait atteindre 3,5 % en 2020 au Maroc après 2,7% en 2019, selon la Banque mondiale dans sa dernière édition des Perspectives économiques mondiales. Un communiqué parvenu à la rédaction note qu’au Moyen-Orient et Afrique du Nord,lLa croissance régionale devrait s’accélérer pour atteindre un taux modeste de 2,4 % en 2020, en grande partie sous l’effet de la hausse des investissements et de la vigueur du climat des affaires. La croissance devrait progresser à hauteur de 2 % dans les pays exportateurs de pétrole. Les économies du Conseil de coopération du Golfe devraient quant à elles progresser de 2,2 % à la faveur de réformes du climat des affaires et d’investissements dans les infrastructures. L’économie iranienne devrait se stabiliser, après une année de contraction, l’impact des sanctions américaines diminuant et la production et les exportations de pétrole se stabilisant. La croissance devrait atteindre 1,9 % en Algérie en raison de l’atténuation des incertitudes politiques et de la reprise des investissements. La croissance des pays importateurs de pétrole devrait se hisser à 4,4 %. L’augmentation des investissements et de la consommation privée devrait permettre une hausse de la croissance en Égypte, qui devrait atteindre 5,8 % en 2020.

La croissance de l’économie mondiale devrait s’établir à 2,5 % en 2020, à la faveur du redressement progressif des investissements et des échanges après leur affaiblissement marqué de l’an dernier, et sur fond de risques de détérioration persistants.

Dans les économies avancées, la croissance devrait retomber à 1,4 % en 2020, en partie en raison de la faiblesse persistante des activités manufacturières. Elle devrait en revanche s’accélérer dans les marchés émergents et les économies en développement, pour atteindre 4,1 %. Cette reprise n’est toutefois pas généralisée, les prévisions rendant compte d’une amélioration des performances d’une poignée de grandes économies, qui, pour certaines, sortent d’une période de faiblesse prononcée. Environ un tiers des économies émergentes et en développement devraient ralentir cette année sous l’effet d’exportations et d’investissements plus faibles que prévu.

 

« Alors que les économies émergentes et en développement vont probablement continuer à croître lentement, les responsables politiques sont appelés à engager des réformes structurelles qui stimulent une croissance généralisée, laquelle est indispensable à la réduction de la pauvreté, affirme Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour la Croissance équitable, la finance et les institutions. Les mesures visant à améliorer le climat des affaires, l’État de droit, la gestion de la dette et la productivité peuvent contribuer à une croissance soutenue. »

La croissance aux États-Unis devrait ralentir à 1,8 % en 2020, du fait des effets néfastes des hausses antérieures des tarifs douaniers et d’un niveau d’incertitude élevé. Celle de la zone euro devrait tomber à 1 %, un taux révisé à la baisse en raison de l’atonie de l’activité industrielle.

Les risques de dégradation prédominent et sont susceptibles de porter un coup de frein considérable à la croissance mondiale s’ils se matérialisent. Ces risques comprennent une recrudescence des tensions commerciales et de l’incertitude des politiques commerciales, un ralentissement plus marqué que prévu dans les grandes économies et des turbulences financières dans les économies émergentes et en développement. Même si la reprise de la croissance dans ces économies se déroule comme prévu, la croissance par habitant devrait rester nettement inférieure aux moyennes à long terme et bien en-deçà des niveaux nécessaires pour atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté.

 

« La faiblesse des taux d’intérêt mondiaux n’offre qu’une protection incertaine contre les crises financières, alerte Ayhan Kose, directeur du Groupe des perspectives de développement à la Banque mondiale. L’histoire montre que les périodes de gonflement de la dette se terminent mal en général. Dans un environnement mondial fragile, il est impératif de prendre des mesures pour minimiser les risques soulevés par la vague d’endettement actuelle. »

La « quatrième vague » : le gonflement récent de la dette dans les économies émergentes et en développement. On dénombre quatre vagues d’accumulation de la dette au cours des 50 dernières années. La dernière, qui a débuté en 2010, est celle au cours de laquelle la dette a augmenté le plus fortement, le plus rapidement et le plus largement. Bien que le faible niveau actuel des taux d’intérêt atténue certains des risques associés à une dette élevée, les précédents épisodes de hausse de l’endettement à grande échelle se sont soldés par des crises financières généralisées. Pour réduire la probabilité des crises et en atténuer l’impact si elles se concrétisent, on peut notamment mettre en place des cadres monétaires et budgétaires résilients, instaurer des régimes de surveillance et de réglementation solides et adopter des pratiques transparentes en matière de gestion de la dette.

Espoirs déçus : comment relancer la croissance de la productivité. Depuis la crise financière mondiale, la croissance de la productivité, principale source de progression des revenus et moteur clé de la réduction de la pauvreté, accuse un ralentissement d’une ampleur sans précédent en quarante ans. Dans les économies émergentes et en développement, cette évolution témoigne de la faiblesse des investissements et du recul des gains d’efficience, ainsi que d’une moindre réaffectation des ressources entre les secteurs. Pour de nombreux facteurs essentiels de la productivité du travail, comme l’éducation et les institutions, le rythme des améliorations ralentit ou stagne depuis la crise financière mondiale.

Contrôle des prix : de bonnes intentions, mais de mauvais résultats. Le recours au contrôle des prix est très répandu dans les marchés émergents et les économies en développement. Bien qu’il serve parfois d’instrument de politique sociale, le contrôle des prix est susceptible de freiner l’investissement et la croissance, de dégrader les résultats en matière de lutte contre la pauvreté, d’entraîner de lourds fardeaux financiers pour les pays et de compliquer la conduite de la politique monétaire. Le remplacer par des filets de protection sociale élargis et mieux ciblés, des réformes visant à encourager la concurrence et un environnement réglementaire sain peut bénéficier aux pauvres et à la croissance.

L’inflation jugulée dans les pays à faible revenu, mais pour combien de temps encore ? Les pays à faible revenu ont vu leur taux d’inflation médian tomber à 3 % à la mi-2019, contre 25 % en 1994. Cette baisse a été rendue possible grâce à des régimes de change plus souples, à une plus grande indépendance des banques centrales, à une réduction de la dette publique et à un environnement extérieur plus favorable. Toutefois, pour maintenir l’inflation à un niveau bas et stable dans un contexte de pressions budgétaires croissantes et de risque de chocs sur le taux de change, les autorités doivent renforcer les cadres de politique monétaire et les capacités de la banque centrale et remplacer le contrôle des prix par des politiques plus efficaces.

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