Des associations et responsables politiques belges s’inquiètent de plus en plus de la situation des quelque 450 sans-papiers en grève de la faim à Bruxelles et appellent le gouvernement à une solution rapide pour éviter «un drame».

Au cours du week-end, le PS francophone et Ecolo-Groen, partenaires de la coalition dirigée par le Premier ministre Alexander De Croo, ont appelé d’une seule voix ce dernier à se saisir d’urgence du dossier. «Un drame est imminent», selon les chefs de ces deux partis, Paul Magnette et Jean-Marc Nollet.

Plus de 450 étrangers en situation irrégulière, principalement des Marocains et des Algériens, observent une grève de la faim depuis fin mai dans une église bruxelloise et sur plusieurs sites de l’Université libre de Bruxelles (l’ULB et la VUB, son pendant flamand).

Ils exigent une régularisation «collective» de leur situation, le collectif qui les soutient mettant en avant des années de séjour en Belgique au service de l’économie, dans des secteurs en manque de main d’oeuvre comme le bâtiment.

Refus de l’Etat

Face au refus du secrétaire d’Etat à la Migration Sammy Mahdi et du Premier ministre d’envisager cette solution collective, «près de 300 grévistes» ont désormais entamé une grève de la soif, selon l’organisation Médecins du monde (MDM).

Une raison de plus de redouter «un arrêt cardiaque soudain» chez des personnes dont l’état physique est déjà très dégradé, a fait valoir Michel Genet, directeur de MDM Belgique, interrogé lundi par plusieurs médias.

MDM craint également des suicides parmi les grévistes «pour la plupart en dépression majeure».

En outre, la majorité d’entre eux présente un état neurologique «excessivement critique avec des débuts de cécité, des vertiges et pertes d’équilibre entraînant des blessures et lésions», a averti la docteur Rose Nelki, citée dans un communiqué de MDM.

«Un décès devient possible à tout moment», selon cette ONG.

«Personne ne veut un drame», a souligné de son côté Sammy Mahdi dimanche soir, assurant «suivre de près» la situation.

Il continue de proposer un «traitement individuel» des dossiers et regrette que le bureau administratif ouvert à cet effet près de l’église occupée soit peu fréquenté par les intéressés.

Accéder aux grévistes

Dimanche, le gouvernement a demandé à la Croix-Rouge d’évaluer les urgences sanitaires sur les trois sites, et des médecins ont été dépêchés sur place dans la soirée.

Seuls «quelques» sans-papiers ont toutefois pu être examinés, a indiqué une source proche du dossier, déplorant des interventions compliquées par le «mur dressé par les associations pour empêcher l’accès aux grévistes».

Selon Michel Genet, de MDM, la promesse de régularisation d’»une masse critique (des grévistes), «pas tous» devrait permettre de mettre fin au mouvement.(AFPE)

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