Le Conseil national de la presse(CNP) vient de souffler sa première bougie. Fort d’une notoriété en herbe,  le Conseil de déontologie journalistique réussit avec brio sa première sortie médiatique. Il vient d’organiser, les 29 et 30 novembre 2019 à Bayt Assahafa à Tanger, une conférence internationale sous le thème : « La refonte du journalisme : comment les systèmes d’éthique et de responsabilité des médias doivent-ils s’adapter ? » Lors de son mot d’ouverture, Younes Moujahid , tient à faire savoir que le CNP se veut un organe d’autorégulation doté de pouvoirs consultatif, restrictif ou coercitif. « Mais nous veillons à ce que cette autorégulation soit assortie de conséquences consultatives avec l’observation des règles éthiques et déontologiques », souligne-t-il. Cela veut dire que la philosophie et la raison d’être même de la nouvelle instance publique priorise la médiation et la conciliation comme modes alternatifs de régulation, tout en restant un organe armé de véritable pouvoir coercitif(allant jusqu’à le retrait de la carte de presse). Il s’agit là d’une autorégulation indépendante et complémentaire sans chercher une relation conflictuelle avec le pouvoir judiciaire. Avec son pouvoir de régulation et d’autorégulation, le Conseil s’efforce de mieux gérer le pluralisme médiatique à l’œuvre. Un exercice qui n’est pas de tout repos au vu de la complexité du tissu médiatique marocain entaché  d’une multitude de tares inhérentes notamment au niveau de formation des journalistes et aux conditions de travail.  Sans parler du non-respect des règles éthiques et déontologiques. Sur ce chapitre, Fatima Zahra Ouriaghli , vice-présidente du CNP, révèle que le Conseil a déjà reçu une trentaine de mises au point. « Nous avons reçu près de 40 réclamations émanant pour la plus part des citoyens et établissements publics ». La directrice de publication de Finances News et de préciser que le principal motif des plaintes et doléances est: diffamation ou injure. Du pain sur la planche du Conseil. Mais au lieu de prévoir des sanctions à l’encontre des contrevenants au respect de la vie privée, Moujahid assure que sa mission prioritaire est de multiplier les efforts de sensibilisation et de communication sur la charte éthique établie par le CNP. D’ailleurs, une tournée nationale est prévue dans ce sens.

Une mission qui s’apparente à une marche sur un sable mouvant. Le Conseil est tenu de respecter la tradition démocratique et la liberté d’expression sans tomber dans le piège d’étouffer le pluralisme de l’information. Une « information qui soit recoupée, sourcée et fiable », souligne Madame Ourighli.

Par ailleurs, cette rencontre a vu la participation de nombre de responsables des Conseils de presse étrangers ainsi que plusieurs experts provenant de la Grande Bretagne, de l’Irlande, du Canada, du Bénin, de la Palestine, du Pérou, du Chili, du Panama, de la Colombie, du Cameroun, de la Belgique, de la Tunisie, des Etats Unis et de la Somalie.

Ils sont tous unanimes sur un point : la profonde mutation du métier à l’épreuve de la révolution  numérique et l’avènement des médias sociaux.  Ils prônent le respect de l’éthique face à la tentation de céder au roi  algorithmes et le pouvoir des cliques. Pour finir en toute beauté, ils conseillent de garder confiance en l’avenir du Print, malgré toutes les infortunes qu’il a subies à cause du digital.

A noter enfin qu’à l’issue de ces deux journées d’échanges, les travaux ont été sanctionnés par une série de recommandations qui seront publiés prochainement.

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