ENTRETIEN SALOUA KARKRI BELKEZIZ PDG GFI-AFRIQUE

« LA CHANCE EST FINALEMENT CE FLAIR D’ENTREPRENEUR »

 Où et comment vous est venue l’idée d’entreprendre et pourquoi ?

L’idée d’entreprendre m’est venue alors que j’occupais un poste d’ingénieur commercial dans une grande entreprise, lorsque j’ai pris conscience d’une forte demande et d’une offre très faible dans les services informatiques pour PME (c’est là où vous comprenez la théorie de Keynes, en stimulant la demande vous incitez la création d’entreprises et la croissance).

Avez-vous trouvé des difficultés pour le financement de votre projet?

Je ne m’étais pas vraiment posé le problème de financement, et j’ai démarré avec très peu de moyens mais avec déjà quelques commandes et le soutien de l’entreprise, qui m’employait et qui était intéressée par l’externalisation des services. Les problèmes de financement sont apparus plus tard, alors que l’entreprise prenne de l’essor, embauche et les prises de commandes ne manquaient pas de détériorer son équilibre financier. La cession à un grand groupe international, GFI, a été la solution drastique pour mettre un terme aux difficultés et garantir la croissance forte qui s’offrait alors à ma société. Mais, chaque entrepreneur et chaque secteur a sa spécificité.

Quels conseils adressez-vous aux jeunes porteurs de projets et quels sont les erreurs à éviter pendant la première année d’activité ?

Aux jeunes entrepreneurs porteurs de projets, je voudrais dire qu’entreprendre n’est pas chose facile. La réussite est grisante mais l’échec peut être amer et il n’y a pas de place pour une situation intermédiaire. Alors entourez-vous de toutes les précautions.

Il faut d’abord trouver la bonne idée. Essayez dans les domaines que vous maîtrisez, le cœur de votre métier, ou ce qui vous passionne. Puis, faites votre étude de marché, votre Business Plan.

Grâce à la sollicitude de Sa Majesté, il est désormais plus facile de convaincre votre banquier, à un taux satisfaisant, mais il faut au préalable vous convaincre vous-même. Entourez-vous de conseils. Il y a partout des incubateurs qui encadrent les jeunes entrepreneurs, et n’hésitez pas à contacter l’AFEM pour les jeunes filles ou l’APEBI pour les startuppeurs ou le réseau Maroc entrepreneur.

Et une fois que vous avez décidé de s’engager dans l’aventure, ayez confiance en vous et sachez que la réussite est au bout du chemin. Elle l’a été pour des millions d’entrepreneurs à travers le monde, peut-être à force d’abnégation, de sacrifices, de travail, et parfois de chance.

La chance vous dit-elle quelque chose ?

La chance, ce sont les opportunités qui s’offrent à vous. Il faut savoir les saisir, comme il faut savoir éviter les marchés, les associations, et les écueils qui peuvent être fatals pour votre entreprise. La chance, c’est finalement ce flair d’entrepreneur.

Pensez-vous que le réseau est essentiel pour réussir son projet ?

Restez ouverts sur l’extérieur. Bien sûr que le réseau est essentiel pour le business. Il se construit au fil des ans, par l’implication dans les associations professionnelles, politiques ou culturelles par la visibilité que vous donneriez à vous-mêmes et à votre entreprise. Le réseau, vous permet en particulier de rester informés sur les tendances sociales économiques, sur l’évolution de la réglementation et d’anticiper les évolutions du marché qui se dessinent.

L’entreprise est une unité qui construit petit à petit ses moyens de production, affine ses méthodes, forme ses équipes, mais qui évolue dans un espace bouillonnant où tout se transforme à grande vitesse : le marché, les habitudes de consommation, la concurrence…

Que conseillez-vous salariat ou entreprenariat ?

Le salariat est certes plus confortable. Sauf pour certains privilégiés, hautement diplômés, qui peuvent espérer des carrières brillantes. Mais,  a-t-on vraiment le choix ?

 Facile d’exporter vers l’Afrique et pourquoi ?

Il faut toujours pouvoir s’adapter. Mais, plus on diversifie son offre, plus on élargi son espace et son marché, plus les chances de survie sont importantes. Il y a bien sûr le marché africain, qui offre des potentialités énormes. Mais, quand on aborde le marché international, la concurrence est plus rude, les risques sont plus importants. Aujourd’hui, la mobilité est importante, et il faut savoir investir tous les marchés mondiaux. Bon nombre d’entreprises marocaines en donnent l’exemple.

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