Le potentiel d’hydrogène vert de l’Afrique peut générer 1 000 milliards d’euros d’investissements

L’Afrique peut sécuriser l’accès à une énergie propre et durable sur le continent et devenir un acteur mondial de l’énergie grâce aux exportations d’hydrogène vert. L’Afrique pourrait attirer des investissements d’une valeur de 1 000 milliards d’euros en exploitant son potentiel d’énergie solaire pour produire 50 millions de tonnes (Mt) d’hydrogène vert par an d’ici 2035, selon le rapport « Africa’s Extraordinary Green Hydrogen Potential », rapporte Zawya Projects.

Le rapport a identifié trois hubs – Mauritanie-Maroc, Afrique australe et Egypte avec des volumes de production d’hydrogène vert qualifiés de 50Mt d’ici 2035.

Il créera également une nouvelle capacité de production d’énergie solaire estimée à 1 230 gigawatts-crête (GWp) et un système d’eau douce à grande échelle de 3,8 milliards de mètres cubes par an.

L’analyse, réalisée par le cabinet de conseil international CVA, indique que l’hydrogène vert solaire peut être produit à moins de 2 € par kilogramme d’ici 2030, contre 90 € par baril de pétrole.

La production d’hydrogène vert à grande échelle permettra également à l’Afrique de fournir 25 millions de tonnes d’hydrogène vert aux marchés mondiaux de l’énergie, soit l’équivalent de 15 % du gaz actuellement utilisé dans l’Union européenne.

L’étude a été commandée par la Banque européenne d’investissement, l’Alliance solaire internationale et l’Union africaine avec le soutien du gouvernement mauritanien, HyDeal et CGLU Afrique. Exploiter l’énergie solaire pour produire de l’hydrogène vert peut aider à sécuriser l’approvisionnement énergétique mondial, créer des emplois, décarboniser l’industrie lourde, améliorer la compétitivité mondiale et transformer l’accès à l’eau propre et à l’énergie durable, selon le rapport. L’investissement dans l’hydrogène vert décarbonisera l’industrie lourde africaine (acier, engrais, exploitation minière et transport), évitant environ 500 Mt d’émissions de GES (ou 40 % des émissions de CO2 de l’Afrique) soit par l’utilisation directe de H2, soit par la fourniture de matières premières vertes.

La feuille de route pour la commercialisation de l’hydrogène vert, suggérée par le rapport, comprend des programmes nationaux de planification, de réglementation et d’incitation pour mobiliser les investissements du secteur privé ; des projets pilotes pour montrer la génération, le stockage, la distribution et l’utilisation réussis d’hydrogène vert à la fois à l’échelle de démonstration et à l’échelle commerciale, et enfin, des partenariats basés sur le marché pour permettre un prélèvement et une demande nationaux et internationaux à grande échelle d’hydrogène vert et accroître la coopération pour concevoir, financer, construire et exploiter des infrastructures de production, de stockage et de distribution d’hydrogène vert.