Ce n’est pas fortuit que les investisseurs étrangers placent la Turquie à la deuxième marche du classement européen en matière d’attractivité manufacturière.  « Après avoir chuté de 17 % en 2020, au plus fort de la pandémie, le nombre de projets d’IDE industriels a rebondi de 41 % l’année dernière. Au total, 482 industriels étrangers ont fait le choix de la France en 2021. Avec ce résultat record, la France conserve la tête du classement européen des investissements manufacturiers étrangers devant la Turquie (230 projets), le Royaume-Uni (145 projets) et l’Allemagne (106 projets) », note le baromètre d’attractivité  du cabinet EY Consulting.

En Turquie, la vitalité retrouvée des implantations ou extensions industrielles portées par les entreprises à capitaux étrangers s’explique essentiellement par la nouvelle reconfiguration industrielle et logistique que connait le continent européen. Selon les consultants, les pays d’Europe du Sud tirent profit de la dynamique de régionalisation des supply chains et enregistrent une forte augmentation du nombre de projets d’IDE : +83 % en Italie, +30 % au Portugal, +27 % pour la Turquie.

Dans ces trois pays, l’augmentation est portée par les projets manufacturiers, ce qui suggère qu’une partie des entreprises qui rapprochent leurs unités de production des consommateurs européens le font dans les pays où le coût du travail reste plus faible qu’en France. La multiplication des coûts du fret par cinq contribue aussi à rendre certaines destinations beaucoup plus compétitives qu’avant.

On observe un flux important de projets industriels (1 769 au total en 2021, +34 % par rapport à 2020), mais aussi de plateformes logistiques (655, +10 %).  Cette double dynamique s’explique par le lancement de nombreux projets reportés pendant la crise sanitaire, mais aussi par la réorganisation des supply chains au niveau mondial et européen. Les entreprises ont commencé à s’adapter aux défis les plus critiques de la crise : se protéger des aléas d’approvisionnement, donner de l’agilité à leurs cycles de production, favoriser la souveraineté technologique ou sectorielle. Par ailleurs, l’augmentation soutenue du e-commerce lors de la crise sanitaire a créé de forts besoins de nouveaux centres logistiques (655 en 2021 dans 34 pays différents, dont 10 % réalisés par le seul Amazon), lit-on.