Les effets de la pandémie et la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine sont en train de remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales, selon une étude réalisée par Swiss Re. Grand perdant, l’Empire du Milieu, alors que le Vietnam, le Cambodge, la Malaisie, la Thaïlande et les Philippines sont perçus comme les gagnants de ces bouleversements.

Les trois plus grandes économies – Etats-Unis, Chine et Japon – représentent à elles seules 45% à 48% des exportations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. A titre d’exemple, les entreprises chinoises représentaient 41 des 200 plus grands fournisseurs du fabricant d’iPhone.

En Suisse, la dépendance des exportations par rapport aux chaînes d’approvisionnement mondiales avoisine les 60%, les Pays-Bas étant la contrée la plus dépendante au plan mondial. A près de 40%, L’Australie et le Brésil sont les moins dépendants.

En tant que premier fournisseur mondial de biens intermédiaires, la Chine demeurera au coeur de ces chaînes, mais en parallèle d’autres chaînes se formeront ailleurs. Ces changements auront des conséquences majeures pour l’économie mondiale et le secteur des assurances, révèle l’étude publiée jeudi.

La ferveur de la mondialisation s’est quelque peu atténuée ces dix dernières années. D’une part, la Chine a progressivement perdu sa compétitivité en matière de coûts.

D’autre part, la multiplication des catastrophes naturelles, lesquelles génèrent des perturbations coûteuses au niveau de la production, et les nouvelles technologies numériques pouvant simplifier et raccourcir les chaînes d’approvisionnement, ont elles aussi incité les fabricants mondiaux à repenser leurs stratégies de production et d’approvisionnement.

Les marchés du Sud-Est asiatique seront probablement les destinations alternatives préférées pour les activités de production en double, étant donné leur fort potentiel de croissance et leurs coûts de main-d’oeuvre compétitifs.

Les pays dont la composition industrielle est similaire à celle du secteur des exportations de la Chine, et ceux ayant conclu des accords de libre-échange avec les Etats-Unis, l’UE et le Japon, devraient en bénéficier. Le Vietnam et le Mexique devraient compter parmi les grands bénéficiaires de ces changements.

La Suisse n’en profitera pas

Swiss Re estime que ces cinq prochaines années, 30% de la valeur ajoutée des exportations chinoises, près de 300 milliards de dollars, seront retirés du pays. Un chiffre qui est conforme aux résultats d’une enquête récente suggérant que les fabricants délocaliseront ou relocaliseront environ 20% à 30% de leur capacité de production en dehors de Chine.

Sur ces 300 milliards de dollars, 200 milliards devraient être délocalisées vers un groupe de 20 économies à bas salaires sur des marchés émergents d’Asie, d’Europe de l’Est et d’Amérique latine.

D’autres exportations, d’une valeur de 100 milliards de dollars, seront probablement transférées de la Chine vers les pays industrialisés du G7 ainsi que vers la Corée du Sud et Taïwan. L’étude anticipe que les Etats-Unis, l’Allemagne, la France et l’Italie sont ceux qui tireraient le plus les marrons du feu. La Suisse ne figure dans aucun des classements.

La restructuration de la chaîne d’approvisionnement se concentrera sur les secteurs des soins de santé, de la technologie, des biens de consommation, du textile et de l’électronique. « Certaines capacités de production seront certainement transférées vers les pays développés ici », ajoute l’étude.

Les nouvelles technologies comme la robotique pourraient contribuer à simplifier et raccourcir les chaînes d’approvisionnement. Les imprimantes industrielles modernes de type 3D peuvent ainsi produire des prototypes et traiter de petites commandes dans les délais impartis tout en respectant une qualité élevée.

La restructuration des chaînes d’approvisionnement donnera un coup de pouce économique aux nouveaux pays producteurs. Le produit intérieur brut (PIB) des pays d’accueil devrait augmenter de 0,7% par an. Pour les pays dans lesquels les capacités de production seront délocalisées, Swiss Re calcule une augmentation annuelle du PIB de 0,2%. (zonebourse)

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