Selon la note de conjoncture du HCP, au deuxième trimestre 2021, l’économie nationale évoluerait dans un contexte marqué par l’amélioration  progressive de la croissance mondiale, mais de manière hétérogène selon les pays et les régions. Les mesures de soutien budgétaire et monétaire annoncées dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis (900 milliards USD), au Japon, en Allemagne, au Canada et en Inde, continueraient de soutenir l’activité. L’inflation mondiale reprendrait légèrement, tirée par la hausse des cours des matières premières sur le marché mondial, en particulier ceux du pétrole et des produits agricoles. Toutefois, l’inflation sous-jacente resterait modérée, compte tenu des marges disponibles des capacités productives observées actuellement dans le monde. Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc continuerait de s’améliorer, affichant une hausse de 16%, en variation annuelle, contre -13% au deuxième trimestre 2020.

La demande intérieure nationale, quant à elle, se redresserait sensiblement par rapport à l’année précédente. Un retournement à la hausse marquerait l’évolution des dépenses des ménages, porté par le raffermissement attendu des achats de biens alimentaires et manufacturés. Les dépenses de restauration et de transport progresseraient, également, par rapport au premier trimestre mais à un rythme modéré. Les dépenses en services non-marchands, particulièrement sociales, resteraient relativement dynamiques, tandis que celles relatives au fonctionnement administratif décélérerait, situant la hausse de la consommation publique à 1,3%.

Dans ces conditions, la valeur ajoutée hors agriculture afficherait un accroissement de 13,4%, au deuxième trimestre 2021, en glissement annuel. Dans le secteur tertiaire, l’activité poursuivrait sa reprise dans les services marchands notamment de commerce, de transport et de la restauration. Dans l’ensemble, le secteur tertiaire contribuerait pour +5,9 points à l’évolution du PIB, au lieu de +4,2 points pour le secondaire. Les activités industrielles, d’électricité et de construction évolueraient à un rythme relativement plus soutenu qu’au trimestre précédent. En revanche, la croissance de l’activité minière ralentirait, s’établissant à +1,4%, en rythme annuel, au lieu de +7,9% une année auparavant. Les perspectives de remontée des exportations chinoises, le renchérissement des engrais et l’augmentation des coûts de vente au niveau de certains marchés traditionnels sont autant de facteurs qui amortiraient l’expansion de la demande étrangère adressée aux engrais phosphatés, induisant une modération de l’activité phosphatée locale. En revanche, la dynamique de production des autres minerais devrait se poursuivre, en ligne avec l’amélioration des perspectives de croissance des activités industrielles européennes.

La croissance de la valeur ajoutée agricole s’accélèrerait pour atteindre 15,9%, au lieu d’une baisse de 8,9% une année plus tôt. Cette performance, tirée par une poursuite du redressement de la production végétale et une légère accélération de celle des filières animales, s’accompagnerait par une sensible régression des importations agricoles, notamment en céréales, après avoir culminé à plus de 3 millions de tonnes au cours de la même période de 2020.    

Dans l’ensemble et compte tenu d’un accroissement de 13,4% de la valeur ajoutée hors agriculture et d’un rebond de 15,9% de celle de l’agriculture, l’activité économique enregistrerait une hausse de 14,7% au deuxième trimestre 2021, en variation annuelle, profitant d’un effet d’ajustement de base lié à la chute de 15,1% de l’activité pendant la période de confinement, au deuxième trimestre 2020.

Léger redressement de l’activité économique nationale

Au premier trimestre 2021, l’activité économique se serait redressée de 0,7%, après quatre trimestres de baisses successives. Cette évolution serait attribuable à l’accroissement de 13,7% de la valeur ajoutée agricole, dans un contexte d’une baisse de 1% de la valeur ajoutée non-agricole, au lieu de -5,5% un trimestre plus tôt. Les branches tertiaires auraient poursuivi leur baisse à un rythme moins accentué en comparaison avec le trimestre précédent, contribuant pour -0,7 point à l’évolution du PIB, au lieu de -3,8 points un trimestre auparavant.

Les activités secondaires auraient, pour leur part, affiché une baisse limitée à -0,3%, au lieu de -1,6% un trimestre auparavant, contribuant pour – 0,1 point. L’industrie manufacturière aurait fléchi de 0,8%, au premier trimestre 2021, après -1,6% un trimestre auparavant. Cette évolution aurait été portée par la bonne tenue de l’activité des industries agroalimentaires et chimiques, tandis que les industries de textile et des IMME auraient continué de pâtir du ralentissement de la demande extérieure. Dans la branche de la construction, la valeur ajoutée aurait conservé son évolution modérée, pâtissant du repli de l’activité des «Travaux de construction spécialisés» et du «Génie civil».   

La valeur ajoutée minière aurait, pour sa part, progressé de 3,1% au premier trimestre 2021, en variation annuelle, au lieu de -0,4% une année auparavant. La vigueur de la demande des industries locales de transformation, qui avait entrainé une hausse de 5,6% de l’extraction des minerais non-métalliques en 2020, se serait maintenue au début de 2021, grâce au raffermissement des exportations des dérivés du phosphate destinées au Brésil, à l’Inde et aux pays de l’Afrique de l’Est. La dynamique de production des minerais non-métalliques se serait, néanmoins, tempérée par rapport à fin 2020, subissant le contrecoup du repli de la demande américaine adressée aux minerais bruts. En revanche, celle des minerais métalliques se serait renforcée sur fond d’une hausse des quantités exportées du cuivre, du plomb et du zinc de 21%, 28% et 11%, respectivement, au terme des deux premiers mois de 2021.

Dans l’agriculture, la valeur ajoutée aurait été particulièrement dynamique au premier trimestre 2021, affichant une progression de 13,7% en variation annuelle, après huit trimestres de baisses consécutives. Ce redressement aurait été, principalement, le fait de la filière végétale, notamment les cultures automnales et hivernales, dont les travaux d’implantation et d’ensemencement se seraient déroulés à un rythme soutenu à partir de décembre 2020. Avec des températures légèrement en hausse au premier trimestre 2021 et un excédent pluviométrique de 25,8% par rapport à la normale, les perspectives de croissance des cultures se seraient améliorées, portant la hausse de la production végétale à 6,1% par rapport à la moyenne quinquennale. En revanche, la production animale aurait peiné à retrouver sa dynamique de moyen terme, en raison notamment de la poursuite du repli des activités avicoles. Au premier trimestre 2021, la production des poussins d’un jour aurait régressé de 1,8%, en variation annuelle, alors que celle de viandes du poulet de chair se serait repliée de 4,9%. La production de viande rouge serait restée, pour sa part, modérée, dans un contexte d’amélioration des conditions d’élevage dans les zones Bour incitant à une reconstitution plus importante du cheptel et à un ralentissement de leur abattage.

Léger redressement de la demande intérieure

La demande intérieure se serait légèrement redressée au premier trimestre 2021. La consommation des ménages, qui avait régressé de 4,3% au quatrième trimestre 2020, se serait redressée de 0,8% au premier trimestre 2021, dans le sillage d’un léger redressement des achats de biens manufacturés. La consommation des administrations publiques aurait, pour sa part, progressé de 1,8%, au lieu de -0,7% un trimestre plus tôt, en ligne avec l’accroissement des dépenses de fonctionnement administratif. L’investissement se serait, en revanche, infléchi de 1,9% par rapport à l’année précédente, au lieu de -9,8% un trimestre plus tôt, pâtissant du ralentissement de l’équipement en produits manufacturés et immobiliers.

Quasi-stagnation des prix à la consommation

Au premier trimestre 2021, les prix à la consommation auraient progressé de 0,1% en glissement annuel, au lieu de +0,4% un trimestre plus tôt et +1,4% un an auparavant. Cet apaisement des tensions inflationnistes aurait été favorisé par la baisse de 1,2% des prix des produits alimentaires, attribuable notamment au repli des prix des produits frais et de la volaille. En revanche, les prix à la consommation du tabac et des huiles végétales auraient progressé, contribuant chacun pour 0,1 point à l’évolution de l’inflation globale. Pour leur part, les prix à la consommation des produits non-alimentaires auraient augmenté de 0,9%, au lieu de +0,4% un trimestre plus tôt. Cette évolution aurait résulté de l’ajustement à la hausse des prix des carburants et des lubrifiants, dans un contexte de retournement à la hausse des cours du pétrole au niveau international, après avoir baissé tout au long de l’année 2020. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix soumis à l’intervention de l’Etat et les produits à prix volatils, aurait connu une croissance de +0,5%, en glissement annuel, au premier trimestre 2021, au lieu de +0,2% au trimestre précédent, tirée également par la progression des prix des produits manufacturés.

Baisse continue des taux d’intérêt monétaires

La masse monétaire aurait évolué au rythme de +7,6%, au premier trimestre 2021, après +8,4% un trimestre auparavant, en glissements annuels. Le besoin de la liquidité des banques se serait atténué, à la suite de l’amélioration de 16,7% des avoirs officiels de réserve de change. Bank Al-Maghrib aurait, ainsi, diminué le volume de ses financements aux banques, tout en adaptant le mécanisme de ses interventions. Les créances nettes sur l’administration centrale auraient également augmenté, marquant une hausse de 16,2% de l’endettement monétaire du Trésor.

La croissance des créances sur l’économie aurait continué de décélérer depuis le troisième trimestre 2020. Leur encours aurait augmenté de 4,1%, au premier trimestre 2021, au lieu de +4,6% un trimestre plus tôt. Cette évolution serait attribuable, notamment, à un net repli des crédits à la consommation des ménages et ceux à l’équipement des entreprises. Les taux d’intérêt sur le marché interbancaire auraient baissé de 72 points de base, en glissement annuel, se stabilisant à 1,5% au premier trimestre 2021, soit le même niveau que le taux directeur de Bank Al-Maghrib. Parallèlement, les taux auraient encore diminué sur le marché des adjudications des bons du Trésor, avec des replis de 80 et 54 points de base pour les taux de maturité 1 et 5 ans, respectivement. Les taux créditeurs auraient reculé, pour leur part, de 31 points de base en moyenne.

Hausse mécanique des indices boursiers

Le marché des actions aurait renoué avec une croissance positive au premier trimestre 2021. La plupart des indices boursiers auraient affiché des évolutions haussières importantes, en variations annuelles, dues en grande partie à un ajustement mécanique lié aux chutes brutales enregistrées au premier trimestre de l’année 2020 avec l’apparition de la pandémie. Les résultats comptables des sociétés cotées pour l’année 2020 auraient enregistré des replis remarquables de leur rendement. Au premier trimestre 2021, les indices boursiers MASI et MADEX se seraient améliorés de 18,3% et 18,5% respectivement, en variations annuelles, après des replis de 7,3% et 7,4% au trimestre précédent. La capitalisation boursière se serait appréciée de 18,4%. La hausse du marché boursier traduirait, principalement, la croissance des cours boursiers d’une partie importante des secteurs cotés, avec une forte hausse des actions des secteurs des mines, de l’industrie pharmaceutique, des ingénieries et des biens d’équipement industriels, des logiciels et des services informatiques, des services de transport et du secteur de l’agroalimentaire. En revanche, les transactions sur le marché boursier auraient poursuivi leur repli, affichant un recul de 35,3%, en variation annuelle.

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