• Troisième économie d’Afrique du Nord, la cinquième du continent africain et l’un des principaux marchés étrangers de l’Espagne en dehors de l’UE;
  • Energies renouvelables, automobile et aéronautique, les secteurs de l’économie marocaine au plus fort potentiel de croissance;
  • En 2020, plus de 18.000 entreprises espagnoles ont exporté des marchandises vers le Maroc pour une valeur de 7.400 millions d’euros ; Selon les analystes, l’économie marocaine retrouvera son niveau d’avant la pandémie en 2022
  • En 2020, Cesce a émis des garanties de 145 millions d’euros pour le compte de l’État espagnol au Maroc contre plus de 6.800 millions d’euros au cumul.

Stabilité politique, potentiel de croissance, problèmes d’employabilité des jeunes et déséquilibre des comptes publics…autant d’éléments qui marqueront l’évolution du pays africain dans les années à venir, selon la 14e Cesce Country Risk Conference, qui s’est tenue  jeudi 18 novembre en abordant la situation politico-économique au Maroc.

Le directeur des risques pays et de la gestion de la dette de l’assureur-crédit espagnol Cesce, Ricardo Santamaría, a rappelé l’importance économique du Maroc pour l’Espagne. « C’est la cinquième économie d’Afrique et la troisième économie d’Afrique du Nord, derrière l’Algérie et l’Égypte. En outre, a-t-il souligné, « c’est le principal destinataire des investissements directs étrangers du Maghreb et l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Espagne en dehors de l’UE, avec la Turquie, les États-Unis et le Royaume-Uni. En 2020, plus de 18.000 entreprises espagnoles ont exporté des marchandises vers le Maroc pour une valeur de 7.400 millions d’euros ».

Historiquement, selon la compagnie de risque crédit, les garanties émises par Cesce pour le compte de l’Etat au Maroc ont dépassé les 6.800 millions d’euros. En 2020, la compagnie a émis 145 millions d’euros de garanties assurances dans ce pays. Le Maroc occupe la 20e place dans le classement de concentration des risques du portefeuille de Cesce, ce qui révèle qu' »il y a encore de la marge d’émission puisque le pays est bien classé dans le groupe 3 dans la classification des risques pays de l’OCDE », a expliqué Lucía Bonet, analyste des risques pays de Cesce.

Problèmes et défis structurels

Bonet a expliqué que le Maroc a des problèmes structurels : « la forte inégalité entre les zones rurales et urbaines et un taux de chômage des jeunes de 26% ».

Cette réalité est un problème social auquel les autorités n’ont pas encore été en mesure de répondre. 70 % des jeunes marocains ont pensé à émigrer et, si des opportunités professionnelles et d’insertion professionnelle ne sont pas offertes aux jeunes, il y a un risque que, du fait de leur frustration, l’islamisme radical puisse fleurir au sein de cette frange de la population. Précisément, en ce qui concerne le terrorisme radical, Bonet a déclaré que « le Maroc a été, jusqu’à présent, très efficace dans la lutte contre le terrorisme djihadiste dans le pays ».

La tension au Sahara est un autre défi auquel le nouveau gouvernement devra prêter attention. « Le Maroc garde un silence conscient sur ce conflit. » En fait, cette question conditionne davantage les relations étrangères du Maroc, si possible, puisque les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. « L’annonce de Washington a été un triomphe diplomatique sans précédent pour le Maroc. » Depuis lors, a souligné Bonet, « la politique étrangère de Rabat s’est affirmée de plus en plus pour tenter de forcer l’UE à reconnaître cette souveraineté, ce qui a déclenché deux crises diplomatiques récentes : l’une avec l’Allemagne et l’autre avec l’Espagne, en mai dernier.

« L’affrontement avec ses partenaires européens est particulièrement révélateur en raison de l’importance des relations commerciales entre le Maroc et l’UE. L’UE est la destination de 67 % des exportations marocaines et l’origine de 50 % des importations », a précisé Bonet.

La mauvaise relation Algérie-Maroc embrouille également les relations extérieures de Rabat, avec le récent cas du gazoduc comme principal point de friction. Le Maroc bénéficie de 50 à 200 millions d’euros de droits de transit dérivés du gazoduc précité, mais celui qui a le plus souffert des décisions liées à cette infrastructure est l’Espagne, puisque « 30 % du gaz consommé par l’Espagne provient d’Algérie. »

L’analyste a également apprécié la position croissante du Maroc en tant que nouvelle puissance régionale, sa stratégie renforcée en Afrique subsaharienne, son retour au sein de l’Union africaine et sa position de médiateur des conflits régionaux.

Le Maroc, avec un PIB de 114 000 millions de dollars, est la cinquième puissance économique d’Afrique, derrière le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Algérie, et la troisième puissance économique d’Afrique du Nord. Trois facteurs ont influencé son évolution économique positive : sa grande stabilité politique, son engagement à attirer les investissements et ses avantages concurrentiels, tels que sa situation géographique privilégiée.

L’analyste a rappelé que « cependant, le pays a un déficit éducatif très élevé, avec un analphabétisme touchant 25% de la population » et a souligné que « la faible productivité du travail et les faibles qualifications freinent son potentiel de croissance économique ».

Impact du COVID19 et de l’inflation

Avant COVID19, le Maroc avait déjà connu deux années de sécheresse mais c’est l’impact de la pandémie qui a plongé le pays dans la récession, pour la première fois en 30 ans, avec un effondrement du PIB de plus de 6%, a déclaré Bonet. Actuellement, une campagne de vaccination accélérée (65% de la population marocaine a reçu au moins une dose) et la réaction fiscale et monétaire rapide des autorités ont cimenté la reprise. L’analyste a avancé que pour 2021 une croissance de 5,7% est attendue pour le Maroc.

Quant aux prix, a déclaré Bonet, « ils augmenteront à 1,1% en raison de deux facteurs : le prix international du brut, dont le Maroc est importateur net, et la production agricole, qui sera positive cette année ». Concernant les taux d’intérêt, « à court terme, des hausses ne sont pas attendues », a prédit Bonet, même si cela dépendra de ce que feront la BCE et la FED.

Perspectives

Actuellement, les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et des énergies renouvelables offrent les meilleures perspectives au Maroc, selon l’analyste. Bonet a fait remarquer que « le Maroc est, après l’Egypte, le pays avec le plus d’énergie renouvelable installée dans la région du Maghreb et, actuellement, plus de 30% de l’énergie qu’il consomme provient de sources renouvelables », a-t-il expliqué. Par ailleurs, a-t-il ajouté, « en 2050, la moitié de l’électricité consommée au Maroc dépendra de sources renouvelables ».

Bonet a également souligné que la reprise de l’économie attendue pour cette 2021 touchera tous les secteurs au Maroc et la demande d’importations sera à nouveau à des niveaux élevés. « On s’attend à ce qu’en 2022, le Maroc ait retrouvé la taille de son économie d’avant la crise », a-t-il avancé.

A propos

CESCE : Compagnie d’assurance crédit

Crée en 1970, l’assureur crédit CESCE est une société anonyme ayant pour actionnaire majoritaire l’État espagnol.
Les services proposés :
– Commercial : des experts spécialisés
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