Le marché mondial des phosphates fait face non plus à une crise de sous production, mais, au contraire, de surproduction. Les variations à la hausse comme à la baisse des stocks exercent un effet sur la détermination des cours d’une matière hautement stratégique.

Dans son rapport annuel 2019, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) se désole d’ «une forte hausse de l’offre mondiale du fait des stocks constitués en fin 2018, ainsi que le push de Ma’aden et des Chinois pour l’anticipation au 1er semestre, malgré des efforts de discipline de l’OCP et Mosaic ». Le push stratégique soulevé ici n’est en fait que les faux signaux lancés par les Saoudiens et les Chinois pour une réduction de leur production. Des annonces qui se sont retournées contre eux, puisqu’« à partir du mois de septembre 2019, la suroffre conséquente sur le marché et la baisse des marges ont forcé les Chinois à réduire leur production et leurs exportations (8,9 millions T sur toute l’année 2019 contre 10 MT en 2018) ».

Le rapport informe que « Dans un marché marqué par une suroffre et une tendance baissière des prix, OCP a pu accroître ses exportations et placer plus de volumes de produits dérivés. Il a tiré profit de la hausse de la demande à la fois des engrais en Europe et en Amérique latine et de l’acide en Asie pour optimiser sa valeur et capter une partie de la croissance », est-il souligné.

Dans un marché baissier en proie aux fortes spéculations, l’OCP a su résisté tant bien que mal grâce à sa carte maitresse : Un coût de production roche phosphatée des plus compétitifs au monde.

L’OCP garde sa place de 1er exportateur au monde des phosphates et ce malgré une part de marché qui baisse passant de 38 % à 34% sur la période janvier –septembre 2019. En effet, ses exportations de phosphate brut sont passées de 11 millions de tonnes (MT) en 2018 à 9,5 MT en 2019, marquées par une tendance mondiale baissière de 6%. La baisse constatée a pu être compensée quoi que relativement sur le marché des acides où le groupe demeure n°1 mondial avec 49 % de part de marché, en hausse de 2% par rapport à l’année d’avant.

Sur le marché des engrais, le groupe mondial a réussi à garder sa part de marché grâce à la flexibilité de son portefeuille produits et régions. Allant même à améliorer ses parts en Amériques et en Europe pour les porter à 35% et à 33 %, respectivement, sur la période Janvier –Septembre 2019.

Ses exportations mondiales d’engrais portent ainsi sur un volume global de 9 millions de tonnes en 2019 contre 8,4 millions de tonnes un an plutôt. L’Afrique reste son principal débouché où il confirme sa position de 1er exportateur d’engrais (près de 58% à fin 2019), suivie de l’Amérique (35%) et l’Europe (33%).