Le « super ministre » Mohamed Benchaâboun recadre l’Association marocaine des exportateurs (Asmex), qui dénonce certaines mesures contenues dans le PLF 2020 sous prétexte qu’elles comportent des « risques majeurs de fragilisation des exportations et des parts de marchés acquises ». Il faut savoir que l’export profite des cadeaux publics plus qu’il ne contribue aux caisses de l’Etat.

L’Association professionnelle conteste en effet la révision à la hausse de l’IS porté à 20% au lieu de 17,5%. Dans la réalité des choses ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. Pris entre l’enclume des « paradis fiscaux » et le marteau des « dépenses fiscales », Benchaâboun n’est pas allé au bout de ses promesses (3éme Assises de la fiscalité) se contentant à présent d’un jeu d’équilibriste.  Mettant  à zéro la balance pour voir de près ce que gagne l’Asmex et ce qu’elle va perdre. De l’avis du ministre, supporter 2,5% de plus ne représente pas grand-chose tenant compte de la progressivité de l’IS. « C’est à la limite une contribution », faisant la morale aux exportateurs, lors d’une rencontre organisée vendredi 08 novembre à Casablanca.

Mettant les choses à plat, il révèle que 98% des entreprises exportatrices en 2018 (11.620 plus précisément) paient un IS inférieur à un million de dirhams. Sans compter ceux qui ne déclarent pas ou déclarent un solde déficitaire.  Jusqu’à présent on comprend que le ministre préfère jouer les yeux doux  évitant de faire les gros yeux à l’Asmex. L’export continuera tout de même au titre du PLF2020 de bénéficier des dépenses fiscales évaluées en 2019 à  2,778 milliards de dirhams, soit 10% du total. Si l’Asmex parle obligation de moyens, le ministre lui scande l’obligation de résultat. Il s’engage à restituer ces 2,5% de plus multipliés par 10 voire 20 à condition « d’investir et de créer des emplois ». Benchaâboun en sait quelque chose. Il faut savoir que l’export profite des cadeaux publics plus qu’il ne contribue aux caisses de l’Etat. Les recettes au titre de l’IS à l’export ont totalisé 2,180 milliards de dirhams au titre de l’exercice 2017, dont 30% sont procurées uniquement par l’OCP.

Le ministre veut en finir, à en croire ses propos,  avec cet état de fait plus coûteux favorisant l’assistanat aux dépens de la compétitivité et de la création de richesses. Certains se demandent pourquoi  n’y a-t-il plus de dispositifs de promotion à l’export? L’échec cuisant du programme des « Contrat de Croissance à l’export» en dit long.

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