Le marché mondial du halal se chiffre à 2.000 milliards de dollars.

•Le Maroc bénéficie d’une position géostratégique qui peut en faire un hub de production et de distribution.

•Seules 150 entreprises et 500 références bénéficient du label halal marocain.

La 8ème édition du rapport sur la Situation de l’Economie Islamique dans le Monde a été révélée au siège de l’Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) le jeudi 19novembre 2020.

Le  débat  a  reconfirmé que le marché du  halal recèle  un  important  potentiel  à  exploiter pour  les opérateurs   marocains. L’export sur le   marché halal n’est  pas  assez  développé  et  reste  très limité. «Jusqu’à  présent,  150  entreprises marocaines ont  été labélisées halal par IMANOR pour  500 références seulement. Afin  de  dynamiser  l’offre  exportable marocaine,    il faut    améliorer le nombre d’entreprises  certifiées halal et  intéresser  les  PME.  Ce  n’est  pas  parce  que  le  marché  est prometteur que nous allons y accéder facilement», affirme Abderrahim Taibi, DG de l’Institut Marocain  de Normalisation  (IMANOR).

En effet, les produits et services ethniques offrent de nombreuses opportunités, notamment à travers le marché halal. Le royaume est 45e en exportations de produits halal avec 810 millions de dollars de produits exportés vers les pays de l’OCI(Organisation de la Coopération Islamique). 747 millions de dollars d’exportations concernent l’alimentation, 48 millions de dollars les produits pharmaceutiques et 15 millions de dollars les produits cosmétiques. La sensibilisation des entreprises marocaines, en particulier les PME et TPE, aux opportunités qu’offre ce marché mondial fait l’objet d’un plan d’action que l’ASMEX compte mettre en place en priorité.

Le marché du halal, de l’alimentation aux cosmétiques en passant par la mode, génère chaque année 2.000 milliards de  dollars  et  croit  d’environ  5,2% annuellement. Les    projections    de croissance tablent sur 6,2% d’ici à 2024. Le marché mondial du halal incarne un fort potentiel pour le Maroc car il repose sur les besoins et préférences d’environ 1,9milliard de musulmans et d’autres consommateurs non-musulmans attirés  par  la  qualité et  l’hygiène du halal. Ce  marché  offre  de nombreuses opportunités notamment sur les marchés émergents.

Selon  Mohammed Kettani, membre  du  board  de  DinarStandard, cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans l’économie islamique, l’alimentation halal, secteur le plus prometteur pour le Maroc, a généré 1.370 milliard de dollars dans le monde en 2019 et devrait en générer 1.972 milliard de dollars en 2024. Les  dépenses  des musulmans  représentent 17% des dépenses alimentaires  mondiales  en boissons et aliments et s’élèvent à 1.370 milliard de dollar pour 210 milliards de dollars d’export vers les pays de l’OCI en 2018. Les marchés les plus demandeurs sont l’Indonésie avec 173 milliards de dollars de dépenses dans le secteur, la Turquie(135 milliards de dollars)et le Pakistan(119 milliards de dollars). De son côté, Rafi-uddin Shikoh , PDG de DinarStandard, a rappelé que «le rapport SGIE de cette année met en évidence les opportunités émergentes qui se détachent au milieu des répercussions de laCOVID-19, telles que les  perturbations  de  la  chaîne  d’approvisionnement  mondiale,  les  pertes  d’emplois,  les crises  des services de santé et l’alimentation ainsi que les défis de sécurité… Les 33 «signaux d’opportunités »identifiés  dans  le  rapport  incluent la  tokenisation  des  sukuksau  sein  de  la  fintech  islamique  et  les transformations numériques accélérées dans tous les secteurs provoqués par la pandémie COVID-19. D’autres    signaux    identifiés    concernent    les    produits    halal,    les    changements    de    chaîne d’approvisionnement,   les   investissements   dans   la   sécurité   alimentaire   et   la   demande   de nutraceutiques». «Nous sommes un pays qui a une industrie agroalimentaire développée certes mais le Maroc peut aussi se positionner comme une plateforme de distribution. Nous pensons toujours aux exportations mais il n’est pas exclu que nous puissions importer puis redistribuer. L’huile d’argan du Maroc se retrouve dans les pays du Golfe en provenance d’autres pays que le royaume, alors qu’il est le seul producteur, il faut pallier à cela. L’export n’est pas la seule solution», explique AdnaneEl Gueddari. Le rapport révèle que le secteur des cosmétiques halal est aussi porteur avec 11,7 milliards de dollars d’exports de cosmétiques vers les pays de l’OCI en 2018 et 64 milliards de dollars de dépenses. En ce qui concerne les produits pharmaceutiques, 38milliardsde dollars ont été exportés vers les pays de l’OCI en  2018  et  32  milliards de  dollars dedépensés dans  ces  produits  par  les  musulmans  du monde. Un marché qui devrait générer 164 milliards de dollars d’ici 2024 pour un taux de croissance de 6,5%.

Les  intervenants  ont  souligné  que  les  enjeux  du marché  mondial  des  produits  Halal  nécessitent  des produits de qualité pouvant répondre à la demande des consommateurs. Toutefois, la concurrence est rude puisque 52 pays disposent déjà de leur label halal et exportent vers les marchés clés que sont la Malaisie, l’Indonésie et les pays du Golfe. La labellisation halal intéresse aussi les multinationales de l’agroalimentaire et des cosmétiques, déjà présentes dans plusieurs pays de l’OCI.

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