Dépolitiser l’administration et technocratiser le politique. Deux maîtres mots qui transcendent les allégeances politiques, deux grands chantiers où les règles du jeu politico-politiciennes sont placées sens dessus dessous. La nouvelle redistribution des cartes gouvernementales, certes, « ne satisfait pas tout le monde, mais par la force des choses, dans l’intérêt de l’équilibre du pays, on est obligé de l’accepter ». A mi-mandat, il s’est rapidement avéré que le gouvernement El-Othmani 1  avait un coût élevé. On peut penser  que cette coalition artificielle  et fragile incarne un des aspects politiques du blocage du développement. Un coupable attentisme en est résulté, laissant des pans entiers de l’économie et de la société dans l’expectative. Le maintien des conditions d’équilibre politique et économique exige, in fine, d’entrer dans une politique de compromis allant jusqu’à perdre une partie de ses alliés. Un jeu de patience compliqué ayant nécessité de sacrifier 17 portefeuilles ministériels et de rassembler 23 ministres et ministres délégués pour reconstituer l’image du nouveau puzzle politique. Lequel est divisé en parts égales (11 politiques contre 11 technocrates),  mais pas à forces et armes égales. Sans entrer dans les détails de la répartition des fruits du pouvoir, on se contente de souligner deux faits marquants. Un, rayer de l’architecture gouvernementale le Ministère des Affaires générales et de la Gouvernance. Deux, enlever le portefeuille de l’Investissement pour le remplacer par celui  de l’Économie verte au niveau du Ministère de l’Industrie… Résultat des courses : redonner à l’efficacité économique du gouvernement au pouvoir ses lettres de noblesse, au sens schumpétérien du terme.

Fort d’une direction concertée du pouvoir politique, le gouvernement El-Othmani 2  semble mis face à ses responsabilités : sera-t-il capable d’apporter des idées nouvelles dans ce passage historique à l’économie de marché ? M.M

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Entrez votre nom ici